Grosse voix pour gros style, depuis Booba le rap français n'avait pas affronté une telle tempête, car avec son second album « Suis-je le gardien de mon frère ? », le parisien Sefyu met toute sa pugnacité au service de ses mots qui frappent de taille et d'estoc pour un effet choc maximal sur les neurones. Décryptage par Olivier Cachin. On avait eu un premier avertissement avec l'album Qui suis-je ?, dont le titre en forme d'interrogation cachait quelques pépites comme l'historique « La vie qui va avec », chanson qui a marqué les esprits avec ses formules-choc (« Si t'as ken' dans une tournante, y'a viol qui va avec/Dans le Sud quand t'entends Paris, 9.3 ça va avec/Regarde Sénegal-France y'a 1-0 qui va avec/Quand t'entends Biggie, Tupac y va avec », etc.).
Désormais, c'est le tome deux qui débarque : Sefyu lâche une bombe à fragmentations qui continue à poser des questions, « Suis-je le gardien de mon frère ? », suite brillante de son premier opus promis à un énorme succès dans l'underground, et plus si affinités avec le grand public. Soyez prévenus : on n'est pas dans le flow docile mais au c½ur du rap français authentique, d'une grande crudité mais truffé de phases surprenantes et de textes introspectifs. Rencontré dans son tout nouveau studio au Pré Saint-Gervais, Sefyu s'avère d'un abord facile, et cache sous sa visière quelques propos bien sentis. Invitation de JoeyStarr sur « Seine Saint-Denis Style nouvelle série », racisme entre les différentes communautés y compris celles issues de l'immigration, technique d'écriture, double métier de rapper et d'éducateur : Sefyu dit tout, ou presque, à Hitmuse.